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La justice africaine a fait ce 28 octobre un grand pas en avant.
Hadidjatou Mani Koraou, 25 ans a été vendue à 12 ans par son ex-époux pour 240000 FCFA comme "Wayi" c'est-àdire cinquième épouse et prétendument esclave comme le veut la tradition dans certains milieux sociaux nigériens. Une fois qu'elle est parvenue à se libérer du joug de son oppresseur, Hadidjatou porte plainte contre l'Etat du Niger pour inaction car le code pénal nigérien prévoit une peine d'emprisonnement de 10 à 30 ans pour ceux qui pratiquent l'exploitation humaine. La plainte qui n'a pas aboutie auprès des juridictions nigériennes a été transférée auprès d'une Cour communautaire peu connue, la Cour de justice de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Il était difficile de croire que cette Cour pourrrait condamner un Etat au profit d'un citoyen créant ainsi une jurisprudence sans précédent. Eh bien la Cour l'a fait! En effet l'Etat nigérien a été condamné à payer 10000000FCFA de dommages et intérêts à la victime à titre de dédommagements. Cerise sur le gâteau, l'Etat du Niger n'a pas fait de résistance. Le ministre nigérien de l'intégration africaine a dit que le Niger se plierait à cette décision.
On voit là une double victoire pour la justice panafricaine. D'abord, une justice communautaire arrive à condamner un Etat, fait sans précédent, et l'Etat sans discuter se plie à cette décision, ce qui conforte cette justice. On ne peut que saluer cette avancée que je qualifierais d'historique car aujourd'hui une nouvelle voie de lutte contre l'injustice est ouverte au citoyen. En outre, ce fait sans précédent prouve que l'intégration africaine par la justice est possible. Les problèmes peuvent être réglés au niveau africain sans aller devant la justice internationale où les grandes nations échappent à l'épée de la justice et où seuls les Etats pauvres et généralement africains sont soumis.
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