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Malheureusement, la démocratie africaine a encore reculé d'un pas. Des militaires mauritaniens écervelés ont perpétré il y a deux semaines de cela l'énième coup d'Etat militaire du continent. Le président Sidi Ould Cheikh Abdalahi venait en effet d'être renversé par son chef d'etat major qu'il avait auparavant décidé de limoger.
D'abord, il est plus qu'impérieux d'appeler à la libération du président déchu toujours maintenu en résidence surveillée. Ensuite, l'ordre constitutionnel doit être rétabli par des pressions s'il le faut. Malheureusement, la situation en Georgie ayant monopolisé l'attention internationale, les pressions sont restées pour l'instant lettre morte et il faudrait les accentuer sur les militaires qui ont confisqué le pouvoir par la force.
L'Afrique sera t-elle un jour débarrassée de ce vieux démon? la question se pose car dans de nombreux pays les militaires africains ne font pas encore la distinction entre les casernes et l'arène politique. Certains tout d'un coup se sentent investis d'une mission lorsque la situation politique est tendue. Une situation politique compliquée peut-elle justifier une intervention militaire? Absolument pas! Chaque pouvoir existant au sein de l'Etat a son rôle propre. Le pouvoir de l'armée est limité exclusivement à la défense du territoire et doit le rester. Les mauvaises habitudes ont la peau dure. Il faudrait à un moment donné que les africains eux-mêmes donnent un signal fort pour signifier leur refus de cette pratique. Les sanctions ne manquent pas. L'exclusion du pays de l'Union africaine ainsi que l'interdiction d'accès des putchistes aux territoires africains seraient de bonnes alternatives. Toutefois, ces propositions ont peu de chances d'être adoptées par l'Union puisque plusieurs chefs d'Etat y siégeant encore sont arrivés au pouvoir par les armes. Khaddafi en tête, Blaise Compaoré ou encore Denis Sassou Nguesso pour ne citer que ceux-là. De toute évidence, si le coup d'Etat mauritanien reste impuni, les mois à venir apporteront encore d'autres coups d'Etat.
En restant réaliste, on peut affirmer que seul un renouvellement de génération à la tête des Etats africains résoudra le problème. De nouvelles mentalités plus enclins à respecter le caractère "sacré" des institutions républicaines nous mèneront enfin vers la voie de l'éternelle légalité respectée.
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