|
Que doit attendre l'Afrique d'Obama?
N'entretenons pas le suspense et répondons tout de go: Rien! Elle est assez flamboyante l'euphorie ambiante dans laquelle baigne le continent africain face au phénomène Obama. Les espoirs irréalistes suscités par l'ascension politique d'un noir aux Etats Unis sont pour moi assez navrants.
Il est noir me crie t-on. Et puis après? Oserai-je répondre. Avant d'être noir, Barack Obama est avant tout américain et lui-même le sait et en tiendra bien compte quand il sera élu. La relation particulière qu'il entretient avec l'Afrique n'est que familiale ou même purement génétique. Cela ne suffira pas pour imposer l'Afrique comme l'une des priorités de son éventuel mandat à la maison blanche. D'ailleurs, je remarque que depuis le début de sa campagne, pas une seule fois l'Afrique n'a été au coeur de ses sujets. La peur qui m'anime s'agrandit chaque fois que j'entends ou voit des africains s'extasier sur ce que Obama pourrait rapporter à l'Afrique. Loin d'être pessimiste, le comportement du monde politique américain vis-à-vis de l'Afrique à travers l'histoire m'ont conduit à être réaliste. Que partage l'Afrique avec Obama à part la moitié des gènes de son corps? Quand je vois des congolais de Kinshasa en liesse après la confirmation de la victoire d'Obama contre Hillary Clinton, cela me fait doucement rire. En effet, il est intéressant de savoir que si Obama avait été congolais ou ivoirien, il n'aurait jamais pu concourir pour une élection présidentielle; les constitutions de ces pays étant tout simplement discriminatoires à ce niveau vis-à-vis des citoyens dont les deux parents ne sont pas originaires du pays. Assez cocasse de voir qu'on fonde des espoirs sur un individu qui dans certains systèmes politiques africains serait écarté!
Le système politique américain ne permettra pas à Barack Obama de se soucier de tous ces espoirs une fois élu. Après une année à la maison blanche, le président prépare déjà sa réélection pour 4 ans et entre les deux mandats, la lutte pour maintenir l'hégémonie américaine au niveau mondial sera sans repos. Il serait donc contre-productif que les africains se bercent d'illusions farfelues car un américain ne construira pas l'Afrique à leur place d'autant plus qu'on sait qu'Obama est hostile aux lobbies; par conséquent la constitution d'un lobby africain autour de lui a très peu de chances.
L'élection d'un noir d'origine africaine à la tête des Etats-Unis se limitera presque uniquement à l'image et au symbole pour l'Afrique. Ce qui est certain est que quand Barack Obama sera élu, il sera exclusivement américain et quand il sera ancien président, il redeviendra à moitié africain et là... il pensera vraiment au continent de son père.
|