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Serons-nous un jour capables de contrer l'injustice de la justice pénale internationale?
En tant qu'africain, c'est la question que je me suis toujours posé et que je me pose toujours depuis qu'ont été évoquées les affaires Charles TAYLOR, Hissein HABRE ou encore très récemment celle de Jean-Pierre BEMBA. Loin de moi l'idée de défendre ces hommes qui certainement à mon humble avis ont trempé dans des atrocités impardonnables et qui s'ils sont reconnus coupables doivent être châtiés avec la sévérité que leurs actes méritent.
Ceci étant dit, sortons un instant de l'émotionnel pour analyser le rôle de la justice pénale internationale, spécialement celui de la Cour pénale internationale qui doit juger ces personnes. L'essence de toute justice qu'elle soit nationale ou internationale est de dire le droit de la même manière pour tous les individus. Depuis la création de cette Cour, on peut dire au vu de son action que Honoré de BALZAC avait vu juste même au niveau international lorsqu'il disait que la justice est une toile d'araignée où les grosses mouches arrivent à s'échapper et où les petites restent. Les grosses ce sont les Etats d'Occident qui au gré de leurs humeurs et volontés décident de qui doit être jugé ou pas. On se rappelle de l'épisode Ariel SHARON ou Georges BUSH qui ont fait l'objet de plaintes devant la justice belge dont la compétence internationale permettait de juger des étrangers accusés de crimes commis à l'étranger. Les menaces de représailles n'avaient pas tardé obligeant notre pauvre plat-pays à mettre fin à cette compétence. Quand enfin, le consensus s'établit sur un nom comme celui de Slobodan MILOSEVIC qui ne présente plus aucun intérêt pour personne, on l'envoie à La Haye. Les petites mouches quant à elles, se trouvent en Afrique et tenez vous bien pas n'importe lesquelles, les petites mouches qui ne sont plus au pouvoir, qui sont affaiblies et qui ne peuvent plus offrir ni or, ni diamant, ni pétrole, ni bois et j'en passe des minerais et des meilleures, comme Charles TAYLOR ou Jean-Pierre BEMBA. Les dictateurs que les occidentaux soutiennent et protègent ne craignent rien jusqu'à ce qu'ils deviennent inutilisables. Cette situation ne fait-elle pas penser à un état sauvage? Mais bien sûr, le règne animal! Ce règne où aucun signe de faiblesse n'est toléré correspond parfaitement au système anarchique de la justice pénale internationale où les grands sont de plus en plus protégés grâce à leur force et où les petits sont de plus en plus menacés.
Le meilleur moyen pour l'Afrique de se sortir de ce guêpier anarchique est d'en tirer toutes les conséquences notamment l'obligation pour elle de créer comme l'avait suggéré le président sénégalais Abdoulaye WADE dans l'affaire "Hissein Habré" un système judiciaire panafricain capable de prendre en charge les crimes commis en Afrique et d'offrir aux victimes la justice qu'elles méritent. Tant que les dirigeants africains aussi stupides soient-ils ne s'entendront pas pour porter sur les fonds baptismaux cette justice panafricaine, ils subiront pour certains d'entre eux les foudres de la justice occidentale maquillée en internationale au gré des humeurs et des volontés des dirigeants occidentaux lorsqu'ils ne leur seront plus d'aucune utilité. Etre jugé dans cette situation ne permet l'éclatement des vérités qui n'arrangent qu'une partie, la partie occidentale. A t-on songé à juger les compagnies militaires britanniques en Sierra-Léone ou les compagnies diamantaires qui ont armé Charles TAYLOR? Pourra t-on un jour inquiéter le président centrafricain François BOZIZE qui était chef d'état-major des armées centrafricaines lors de l'intervention des forces de Bemba tant qu'il bébéficie du soutien de la France?
Il est temps que l'Afrique cesse d'être masochiste et de se complaire dans cette soumission éternelle à l'Occident. Il est plus que temps de nous regarder dans le miroir et dire ce que nous pensons de nous-même et du monde.
A bon entendeur salut!
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